Le truc où il ne faut pas se louper dans un roman...

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Le truc où il ne faut pas se louper dans un roman...

Messagepar Anafesto » 31 Déc 2009, 07:50

Je sais ce que vous allez me répondre : il faut que tout soit parfait. Mais avec mon expérience de lecteur (et un peu d'écrivaillon aussi), en discutant avec d'autres lecteurs assidus également, je m'aperçois que l'élément qui fiche quasi-systématiquement en l'air un bouquin est l'absence de profondeur des personnages ou le fait qu'on n'éprouve aucune empathie ou antipathie à leur égard. Même bien écrit, même avec un excellent scénario, si l'on ne rentre pas dans la peau des personnages, dans leurs amours, leurs problèmes, bien souvent, le lecteur trouvera le bouquin moyen voire mauvais. Alors qu'à mon sens, un livre peut être porté par une idée centrale, un thème, pas forcément par la qualité du ressenti du lecteur des amourettes contrariées de ses héros.
Donnez-moi des contre-exemples, SVP. Je ne vois à la rigueur que B. Werber qui ne se soucie guère du réalisme et de la psychologie de ses héros (et encore).
Antithèse parfaite : un bouquin mal écrit, sans histoire, mais qui dégouline de sentiments pour ses personnages et qui fait un best-seller : Levy et Musso.
J'attends vos avis et vos exemples.

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Messagepar Oliv » 31 Déc 2009, 10:10

À l'Affreux Oliv (Mars 2005-Février 2010), la Patrie pas reconnaissante.

Si vous me cherchez, je ne suis plus ici.

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Messagepar Anafesto » 31 Déc 2009, 10:54

Le "tout doit être parfait" doit se concevoir par une recherche de la moins mauvaise médiocrité possible. Combien d'écrivains en herbe ne se contentent-ils pas d'un style approximatif ou d'une seule idée qu'ils jugent géniale. Je reste persuadé que les génies littéraires sont des perfectionnistes. Une bonne intrigue, un bon style peuvent compenser un autre défaut certes. Mais sois sûr que le lecteur reprochera avant tout à l'écrivain un personnage transparent, bien avant un français impeccable ou une bonne idée mal exploitée.
Je parle de ta madame Glandu, celle qui représente le gros du lectorat populaire de masse.
Et elle a aussi le droit de lire des livres, que je sache.

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Messagepar Oliv » 31 Déc 2009, 11:15

À l'Affreux Oliv (Mars 2005-Février 2010), la Patrie pas reconnaissante.

Si vous me cherchez, je ne suis plus ici.

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Messagepar Anafesto » 31 Déc 2009, 12:01

Alors, nous sommes d'accord. Cependant, je n'ai aucune honte à chercher à toucher un lectorat populaire. Si j'écris un jour un bon livre, je serai ravi qu'il puisse être lu par le plus grand nombre, sans forcément faire du sirupeux ou du Musso.
Nb: l'élégance est le truc que miss glandu achète pour croire qu'elle peut aussi lire de la littérature parce qu'elle doit chercher des mots dans le dico à chaque phrase. Soit dit en passant, je pense que ce bouquin est un exercice de style d'une normalienne coincée. Son autre livre parle de bouffe avec style, mais sans vie ou vécu, car je reste persuadé que cette fille n'a rien d'un bon vivant. Elle aurait pu tout aussi bien écrire un livre sur l'orgasme avec maintes descriptions littéraires sans qu'elle n'ait jamais pris son pied par ailleurs.

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Messagepar Emésine » 19 Jan 2010, 00:14

Personnellement j'ai lu Musso et j'ai bien aimé
Au-delà des personnages -en effet- fouillés, l'histoire est simple et les relations bien articulées.

Voilà, je voulais simplement dire ceci :salute:
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Messagepar Anafesto » 19 Jan 2010, 06:42

Selon toi, les personnages de Musso sont crédibles et fouillés au niveau des sentiments (essentiel pour un best-seller ama). Mais l'intrigue ?

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Messagepar Emésine » 19 Jan 2010, 15:21

Bah elle est simple mais touchante
J'avoue que je lis très peu de textes réalistes donc ma connaissance est somme toute assez réduite mais j'ai trouvé ça simple et touchant. Et la fin bien trouvée (pour Parce que je t'aime notamment) ^^
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Messagepar Anafesto » 19 Jan 2010, 18:21

Qu'entends-tu par "touchant" : sortez-vos-mouchoirs, mièvre, romantique ?

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Messagepar Emésine » 19 Jan 2010, 21:11

Aucun

Hm qui ne laisse pas indifférent, dans le bon sens
Disons que si ce cas de figure se présentait réellement,
il provoquerait chez moi une réelle empathie

(Mais il est très rare que je sorte les mouchoirs ^^)
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Messagepar Anafesto » 19 Jan 2010, 23:12

Donc, si je t'écoute, on pourrait en conclure que Musso a un talent certain à créer des personnages et des situations attachantes. J'ai essayé, une fois, d'en lire un. Honnêtement, ça m'a terriblement ennuyé. C'est creux, je trouve. mais bon, il doit avoir un truc, si des millions de gens le lisent...

Je viens de lire Justine Niogret "Chien du heaume" sur les conseils de certains ici. Bonne description du moyen-âge, dialogues itou et ambiance glauque , mais...
Que le style est lourd, empesé ! L'emploi abusif du "et" après une virgule en milieu de phrase plombe la lecture, à mon sens. Ca crée un style certes, mais Cormack mac Carthy "la route", par exemple emploie le "et" avec légèreté pour un texte bien plus sombre. Comme quoi, le talent...
C'est dommage parce que les idées et métaphores sont bonnes. Cette fille est certainement prometteuse. A suivre...

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Messagepar lambertine » 21 Jan 2010, 11:38

Je suis incapable de lire un bouquin dont les personnages sont neutres, creux etc... Maintenant, je suis probablement une Madame Glandu (et si je lis pas mal de Fantasy, ce n'est pas du tout pour "les univers qui me font rêver". Mais je reconnais aimer les archétypes - comment Machin - Cameron pour Avatar, par exemple - va-t-il raconter l'initiation de l'Elu de la Déesse et son histoire avec la princesse - et les scènes épiques)

Je n'ai pas lu "L'Elégance du Hérisson". J'ai lu un Musso (ma soeur adore Musso) et je n'ai pas trouvé ses personnages si touchants que ça (disons que le perso central m'a touché, mais sur deux points particuliers - l'alcool et la mort subite du nourrisson -qui ont trait à ma vie personnelle. Pour le reste... boff... réactions assez basiques quand même. Et puis pourquoi tous ces auteurs français à succès situent-ils toujours leurs romans aux USA ? Une fois, ça va. Chaque fois...). Les personnages de Levy (ma soeur adore Levy aussi) sont prévisibles au possible. Bref, je crois que c'est plutôt par l'histoire sentimentale et le fantastique light que ces auteurs peuvent toucher leur public, et pas par un attachement (et encore moins une identification) aux personnages (en même temps, j'arrive bien à m'identifier à Aragorn et Rhaegar Targaryen...).
Aucune cause n’est perdue, tant qu’il reste quelque un pour se battre pour elle.

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Re: Le truc où il ne faut pas se louper dans un roman...

Messagepar Anafesto » 21 Jan 2010, 18:55

Rhaegar Targaryen, voilà un personnage dont on ne sait pratiquement rien, et que l'on trouve merveilleux, romantique...
C'est tout de même incroyable qu'un "non personnage" puisse être un tel héros !

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Re: Le truc où il ne faut pas se louper dans un roman...

Messagepar Trinitrotoluène » 26 Fév 2010, 08:30

J'ai l'impression que le débat ici est quand même un peu parti pour brasser des généralités. On va citer 20000 bouquins pour en dire presque rien, et on ne pourra pas dégager quelque chose de général parce que la question n'a pas de réponse et que chacun lit trop vite les interventions des autres.
Cependant, je succombe à la tentation, je me permets de rajouter quelques points de vue à ce dialogue de sourds... :wink:

Pour moi, les meilleures histoires n'ont rien à voir avec une quelconque perfection. Nous sommes tous bancals, pleins de compromissions, de secrets, nous ne tournons pas toujours très rond. Nous vivons dans un monde branlant, bancal, et on ne s'y trouve pas si mal. La perfection n'est pas pour nous. Et les meilleures histoires sont celles qui savent comment nous parler, qui nous prennent par nos points faibles pour nous emmener où elles veulent. Celles qui nous volent notre temps, notre attention ; qui nous tiennent par le cerveau, par le coeur, par les c... (ou équivalent chez les demoiselles), par un peu tout ça à la fois. Et cette façon de fonctionner du roman ne colle pas avec l'idéalisme de l'écrivain courant.
Et ce fonctionnement avec mépris n'y changera rien. Prétendre que produire de tels textes est facile, montre juste qu'on n'a jamais sérieusement essayé. Et il n'y a pas de distinction à faire ici entre "populaire" et "élitiste". Pas besoin de convoquer madame Glandu. Parce que tout le monde fonctionne de la même manière, peu importe la classe sociale, la culture, le raffinement, la bonté d'âme, les aspirations...
Jean Giono expliquait ce que pour lui devait être un romancier : son modèle du romancier était le conteur arabe, qui s'asseyait autrefois au coin de la rue, qui commençait à raconter un truc, et à qui on jetait des pièces. Giono disait qu'on aurait dû faire passer une sélection à tous les aspirants écrivains : les asseoir à un carrefour avec une sébile, et leur dire "Voilà, maintenant, raconte. Si tu veux manger aujourd'hui, raconte". Et les bons romanciers seraient ceux qui arrivaient à bouffer ce jour-là (Giono ajoutait, à propos de son copain André Gide : dans ce cas-là, Gide serait mort de faim).
Si on cherche la perfection en écrivant de la fiction, on peut approcher effectivement de quelque chose ; mais quelque chose qui n'est pas de nous, qui n'est pas à nous. Quelque chose de chiant. Et un auteur qui se satisfait d'être chiant, d'après moi, n'est pas fait pour raconter.


la "psychologie des personnages" se signifie rien. Ce n'est pas parce que la psychologie est une science récente, à la mode, que tous les profs de français en sont fous, que ce doit être un incontournable dans un roman ; quasiment personne, parmi les écrivains, ne s'y connaît réellement en psychologie, je veux dire la science qui permet de comprendre, d'aider les fous et les traumatisés. On essaye tous, un jour où l'autre, de fabriquer des personnages "cohérents", qui sont ceci parce qu'ils ont été cela, et qui cachent qu'ils sont cela parce qu'ils ont peur qu'on croie qu'ils sont ceci : eh bien ça ne marche pas, ça ne prend pas ; ils restent "fabriqués", justement. Je pense que ce qu'il faut pour faire fonctionner ses personnages, ce sont quelques rêves, quelques tics, des conflits, et surtout les mettre dans des situations où ils vont se sortir les tripes. Le reste, c'est comme la couleur des rideaux : on n'a pas la place pour en parler.

L'emploi du "et" et de la virgule, là aussi, n'a pas beaucoup d'importance, et ne peut pas servir à résumer une lecture, à qualifier un moment passé avec un livre. Les défauts de forme restent très secondaires, car ils sont extrêmement, infiniment faciles à corriger. La preuve, même l'éditeur en est capable (mais il ne le fait pas toujours) ! Au pire, la lecture s'accommode très bien des virgules mal placées. C'est comme quand on regarde un film québécois. Au début on patauge, mais après on s'y fait.


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Re: Le truc où il ne faut pas se louper dans un roman...

Messagepar Rudiment » 26 Fév 2010, 14:21


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Re: Le truc où il ne faut pas se louper dans un roman...

Messagepar Beltane » 26 Fév 2010, 16:19

Pfff.

Quand on parle de psychologie des personnages, ça ne signifie pas que vous devez les faire passer sur le divan, mais que leur caractère doit être un peu plus profond que l'archétype de base ou que le sempiternel manichéisme gentil-méchant. Cela veut dire que s'ils réagissent d'une certaine façon et pas d'une autre, c'est parce qu'ils ont un certain vécu auquel l'auteur aura pensé (même s'il ne s'étend pas dessus dans le cadre du roman). Cela veut dire qu'ils ne peuvent pas s'amuser à réagir d'une certaine façon un coup, et à l'opposée un autre coup, sans que ce soit justifié, sans que cela apparaisse logique, évident, considérant le contexte, le background, etc.

Après, certains ne sont capables de créer que des bourrins primaires ou des bimbos idiotes, certains ne peuvent vibrer qu'en lisant les aventures de ces personnages-là... Pourquoi pas ?

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Re: Le truc où il ne faut pas se louper dans un roman...

Messagepar Morki » 14 Oct 2010, 17:28

Je crois (mais c'est une opinion personnelle qui n'engage que moi) que je rejoins ceux qui disent que les défauts pardonnables sont une géométrie variable. Je pense que ça se mesure vraiment à l'aulne du public que le livre touche, parce qu'il en faut pour tous les goûts et bla bla bla. Regardez un film, un jeu vidéo, une série ou une BD.
C'est enfoncer une porte ouverte avec la botte du Captain Obvious que dire que les gens cherchent différentes choses selon leurs envies. Même une seule personne peut chercher des choses différentes à différents moments de sa vie.
Ex: Je lis Pratchett pour rigoler et pour découvrir des intrigues tirées au cordeau qui se rejoignent de manière souvent inattendues et improbables au bon sens du terme. Mais je lis Moorcock pour la fresque baroque, décadente et épique, et caetera.

Mais surtout, et c'est visible dans sa première partie, ce mec qui a bossé à Solaris a créé des cases parce que parler des différents aspects de l'écriture comme d'une vaste nébuleuse ne lui aurait pas permis d'être clair: les catégories sont poreuses, et il l'explique lui-même en disant que tel aspect se fonde en utilisant tel autre. Son texte tient plus de la FAQ que de l'essai théorique, sinon il aurait pondu un bouquin satirique & pince sans rire :wink:
Enfin je sais pas, mais je ne conçois pas de poser des personnages en dehors de leur contexte, de construire une intrigue sans style, et vice versa dans le cross platform.
"Je me suis attaché à la corde je descends en rappel."
"Tu l'as attachée à quoi la corde?"
"Euh..."


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