Max Katarn a écrit:
Exemple : récemment pour une grosse bataille j'ai décrit brièvement les actions, puis je me suis focalisé sur un personnage et j'ai détaillé chacun de ses mouvements.
Le but cherché ici, c'était d'écrire un ralenti lors du focus sur ce perso.
J'aime quand une description est faite avec un style très personnel de la part de l'auteur : ainsi elle peut être précise et très vivante !
c'est justement là que tu risques d'avoir un soucis de rendu. Tu n'es pas en train de décrire une scène de cinema, le ralenti dans la scène d'action, c'est du visuel, par écrit ça donne l'effet inverse. Toi en tant qu'auteur, tu visualises la chose et sans recul, tu as l'impression que ça marche. Je me permets de te dire cela car j'ai beaucoup travaillé la question. Pour mon premier tome, j'avais tendance à voir les choses comme toi. Pour "Sang d'Irah", 3 romans plus tard, j'avais le recul des commentaires des lecteurs et des avis d'autres auteurs avec qui j'avais pu parler. Les scènes de combat, d'action en général, doivent être efficaces, sans perdre dans le visuel. Cet équilibre se trouve, je crois, dans le rythme de la scène, et le calcul précis des descriptions (leur dosage : pas besoin de décrire chaque geste, ils sont souvent induits dans la scène générale, mais au contraire choisir les points précis que tu décris, pour ce qu'ils apportent (un bruit, une couleur, une lumière, un mouvement, le tout bien dosé pour que la scène ne soit pas plus longue et lente qu'elle ne le serait "en vrai". Si tu dis un truc du genre : en un instant, il etc.. mais que tu fais durer cet instant trois paragraphes, tu as foiré. Et souvent, tu n'as pas besoin que soit précisé cet "instant", car on sait qu'il s'écoule moins d'une seconde quand une épée fend et pourfend... Si c'était plus long que le temps qu'il faut pour le dire, l'adversaire aurait le temps de se barrer et d'éviter le coup.
bref, tu n'es pas en train d'écrire une scène de Matrix.
par contre, ce que j'aime, c'est mettre en scène les scènes en plan large, quand il s'agit de charges héroïques : beaucoup de figurants, une description vue de loin, très imagée (façon "masse liquide déferlant sur la plaine" si tu vois ce que je veux dire) en perspective avec les éléments naturels : le ciel (et les ombres/lumières), le vent etc.. parce qu'ils sont évocateurs de décors mais surtout de sensations.
décrire pour décrire, non. Apporter quelque chose, oui.
je suis une remplisseuse de papier, on le sait (il suffit de voir la longueur de ce post

) mais petit à petit j'ai appris (et j'apprends tous les jours) qu'il faut se servir de l'écriture, de la langue, des interlignes, et écrire "utile". Ne pas se complaire.